vendredi 16 novembre 2007

Les vertus anti-cancer du resvératrol, une substance naturelle polyphénolique contenue dans le vin rouge






Les vertus anti-cancer du resvératrol, une substance naturelle polyphénolique contenue notamment dans le vin rouge, sont de plus en plus reconnues par la science.Photo: La Presse
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières
Les vertus anti-cancer du resvératrol, une substance naturelle polyphénolique contenue notamment dans le vin rouge, sont de plus en plus reconnues par la science.

Mais voici qu'une équipe de chercheurs de l'Université du Québec à Trois-Rivières, en collaboration avec le Cancer Institute du New Jersey et l'Université Laval, a réussi à comprendre comment et pourquoi le resvératrol peut agir de la sorte.Heidar-Ali Tajmir-Riahi, chercheur au département de Chimie-biologie et son collègue, Christophe N. N'soukpoé-Kossi, chargé de cours au même département, ont démontré que le resvératrol se lie à l'albumine, la protéine la plus abondante dans le plasma sanguin. Il peut ainsi se distribuer partout dans le corps humain et aller se loger par la suite au coeur même de l'hélice de l'ADN.De là, il peut combattre les radicaux libres lorsque ces derniers, qui jouent habituellement un rôle vital dans les processus biologiques, participent à des réactions pouvant endommager les cellules et causer le cancer.Les travaux de Heidar-Ali Tajmir-Riahi ont permis de comprendre aussi que le resvératrol intervient dans les trois stades de la formation d'un cancer, soit l'initiation, la promotion et la progression de ce dernier."L'étude de l'interaction entre le resvératrol et l'ADN est donc d'une importance majeure au niveau biologique", estime-t-il.Le resvératrol est un phytoalexin, c'est-à-dire une substance naturellement produite par certaines plantes en réaction à diverses agressions comme le rayonnement ultra-violet, les bactéries ou les champignons. "On trouve du resvératrol dans 70 sortes de plantes, particulièrement les arachides, les mûres et sous la peau des raisins rouges", explique le scientifique.Le vin rouge est particulièrement riche en resvératrol, mais sa concentration dans le vin sera influencée par le processus de fermentation, explique le chercheur. Plus la première fermentation sera longue (celle au cours de laquelle la peau du raisin est présente), plus il y aura de resvératrol dans le vin. "Dans un gramme de peau de raisin, on trouve en effet entre 50 et 100 microgrammes de resvératrol", illustre-t-il.Les analyses démontrent qu'un litre de vin rouge peut contenir entre 14 milligrammes et 40 milligrammes de resvératrol, selon le processus de fermentation, note le scientifique."Dans notre laboratoire, nous avons constaté que le resvératrol réagit avec l'ADN, mais aussi avec l'ARN", explique Heidar-Ali Tajmir-Riahi (l'ADN contient l'information génétique et l'ARN transporte cette information aux cellules). "S'il agissait sur le cancer, c'était clair qu'il y avait une interaction avec l'ADN et nous l'avons démontré", explique le chercheur qui compte à son actif 160 publications dans des revues internationales à révision par les pairs.
Grâce à l'albumine


Heidar-Ali Tajmir-Riahi, chercheur au département de Chimie-Biologie de l’UQTR (à gauche) et Christophe N. N’soukpoé-Kossi, chargé de cours, devant un appareil d’électrophorèse capillaire, un des équipements qui a servi à faire la recherche.Mais encore fallait-il trouver par quel moyen le resvératrol arrive à se rendre à l'ADN pour s'y intercaler."Il avait déjà été démontré par d'autres recherches que les médicaments utilisent l'albumine sérique pour se rendre à destination et faire effet. Nous sommes donc partis de ce fait pour vérifier si le resvératrol utilisait la même liaison faible pour se transporter, ce qui était bien le cas", explique le chimiste.Toutefois, en laboratoire, le chercheur et son collègue ont constaté que le resvératrol n'est presque pas soluble dans l'eau qui est la matière la plus abondante du corps humain. Ils ont toutefois découvert qu'en réagissant avec des protéines du petit lait (ß-Lactoglobulin), il devient plus soluble dans l'eau et peut donc être mieux acheminé dans le système.Cette nouvelle découverte, issue de travaux conjoints avec Muriel Subirade de l'Université Laval, sera publiée dans le périodique "Biomacromolecules" ce mois-ci et permettra peut-être d'améliorer la lutte contre le cancer et l'efficacité des médicaments, espère Heidar-Ali Tajmir-Riahi

2 commentaires:

BIOCHIMIE a dit…

Bonjour je suis étudiante en M1 biochimie à Dijon (France). Votre découverte sur le transport du resveratrol in vivo m'intéresse. Vous serait-il possible de m'envoyer l'intégralité de la publication ? Merci par avance.
Cordialement.
jessgobbo@hotmail.fr

Raja a dit…

Good post.